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Il pleuvait sur Strasbourg lorsque Léa entra dans le petit café de la rue des Juifs pour échapper à l’averse. Elle secoua ses cheveux trempés, commanda un thé brûlant et chercha une place libre. Toutes les tables étaient occupées, sauf une.
— Vous pouvez vous asseoir, si vous voulez, proposa l’homme qui y travaillait sur son ordinateur.
Il s’appelait Thomas. Elle ne le savait pas encore, mais cette pluie allait changer sa vie.
Ils parlèrent pendant vingt minutes. Puis quarante. Puis jusqu’à la fermeture du café. Ils découvrirent qu’ils aimaient les mêmes romans, les mêmes voyages improvisés et qu’ils avaient tous les deux cette étrange habitude de regarder les fenêtres éclairées en imaginant la vie des gens qui habitaient derrière.
Les semaines passèrent. Ils se retrouvèrent au bord de l’Ill, dans les rues pavées de la Petite France, sur les marchés de Noël et lors de longues promenades sans destination précise. Chaque rencontre semblait naturelle, comme si leurs chemins avaient toujours été destinés à se croiser.
Un soir de décembre, alors que la neige commençait à tomber sur la ville, Thomas prit la main de Léa.
— J’ai l’impression de te connaître depuis toujours, murmura-t-il.
Léa sourit. Pour la première fois depuis longtemps, elle avait la sensation d’être exactement là où elle devait être.

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